Septembre 1914

En septembre 1914, les troupes allemandes foncent sur la 9e armée. Le but : la disloquer en l’envoyant sur la Meuse et la Seine afin de rejoindre Paris. Mais, grâce aux talents de Franchet d’Espérey et de ses soldats, dans la nuit du 9, la garde prussienne se replie au nord des marais de Saint-Gond.
Le 5 septembre 1914 au matin, les dernières troupes françaises traversent les marais. A midi, ordre leur arrive d’en tenir les débouchés, et la bataille s’engage. Cinq jours de combats meurtriers. Les marais ne sont « qu’un brouillard de fumée », écrivait le 8, M. Roland.
La Villeneuve-lès-Charleville : village que les français croient aux mains des Allemands et les Allemands aux mains des Français. Ainsi, les deux artilleries la prend pour cible.
Le 7 septembre, une fermière des environs vient chercher refuge à la Villeneuve chez sa sœur; sans lui laisser le temps de dételer, celle-ci l’entraîne dans la cave avec sa marmaille. Empressement justifié ; un obus tombe dans la cour, broyant le cheval et la carriole.
L’abbé Laplaige est grand, fort, courageux. Il réconforte.
« -Tant que je serai avec vous, leur disent-ils, les Prussiens n’entreront pas ici. »
Mais ce jour là, un incendie vient s’ajouter à l’horreur des combats. Il faut sauver ses ouailles. enfermées dans les caves. Il a pris sa décision. Il se hisse dans son grenier, malgré les obus, pour observer les positions allemandes. Il remarque que le feu de l’artillerie lourde, qui nous prend les soldats français de plein fouet et arrête sa progression, part d’une briqueterie située de l’autre côté du Petit-Morin, au lieu dit: Le Thoult-Trosnay. Prenant un risque, le lendemain il décide de contacter un officier d’artillerie, le lieutenant-colonel de Gensac afin de lui montrer les positions ennemies. Quelques heures plus tard, la batterie allemande de six pièces lourdes est détruite.
La démolition de la batterie du Thoult-Trosnay marqua, en effet, la fin de l’offensive allemande sur le Petit-Morin.Sources :Charles Le Goffic, académicien.







